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Devant les députés

Banque et microfinance : Le gouvernement Oligui défend deux projets de loi cruciaux devant les députés

Banque et microfinance : Le gouvernement Oligui défend deux projets de loi cruciaux devant les députés
Banque et microfinance : Le gouvernement Oligui défend deux projets de loi cruciaux devant les députés © 2026 D.R./Info241

Le ministre gabonais de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, chargé de la Lutte contre la Vie chère, Thierry Minko, a présenté ce 4 avril deux projets de loi majeurs devant la Commission des Finances de l’Assemblée nationale. Sous la présidence de Nicole Jeanine Lydie Roboty épouse Mbou, ancienne ministre de l’Economie sous Ali Bongo, ces textes visent à assainir l’activité de crédit et à « gaboniser » les postes de direction au sein des institutions financières locales.

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Le premier texte soumis aux parlementaires concerne l’encadrement de l’activité de crédit dans les secteurs bancaire et de la microfinance. Pour le membre du gouvernement, il est impératif de réguler un secteur miné par la hausse des impayés et des pratiques de recouvrement disparates. Ces dysfonctionnements, selon Thierry Minko, fragilisent les institutions et freinent l’inclusion financière des populations les plus vulnérables, tout en éloignant le Gabon des normes de la zone Cemac, notamment sur l’usure.

Vers une transparence accrue du crédit

Ce projet de loi, structuré en 39 articles, instaure une double responsabilité. D’une part, les demandeurs de crédit devront désormais fournir des informations exhaustives et fiables sur leur santé financière. D’autre part, les banques et microfinances auront l’obligation de proposer des produits adaptés à la capacité réelle de remboursement de leurs clients, garantissant ainsi une meilleure protection contre le surendettement.

La présidente de la commission

Toutefois, cette présentation a suscité un débat houleux dans l’hémicycle. Plusieurs députés craignent que ce nouveau dispositif ne renforce excessivement le pouvoir des créanciers. Le dispositif pourrait davantage protéger les créanciers au détriment des emprunteurs, déjà considérés comme la partie la plus vulnérable, ont alerté certains élus, pointant du doigt des taux d’intérêt prohibitifs et des exigences documentaires jugées discriminatoires pour les citoyens à faibles revenus.

Sécuriser les fonds et promouvoir l’expertise locale

Face à ces critiques, Thierry Minko a rappelé l’urgence de la situation en révélant un chiffre alarmant : près de 250 milliards de francs CFA d’impayés sont actuellement enregistrés dans le système. Il s’agit avant tout de protéger le consommateur, mais aussi de préserver les banques, qui jouent un rôle essentiel dans le financement de l’économie, a-t-il martelé, tout en promettant des ajustements sur les taux d’intérêt et l’allègement des procédures administratives.

L’actuel ministre de l’Economie

Le second projet de loi défendu par le ministre s’inscrit directement dans les recommandations issues du Dialogue national inclusif. Il porte sur les conditions d’accès à la fonction de directeur général des établissements de crédit. Cette réforme vise à privilégier les compétences nationales à la tête de ces institutions stratégiques. L’idée centrale est de confier les leviers financiers à des profils maîtrisant les réalités du terrain et résolument engagés dans le développement du pays.

Une vision de transformation économique

Cette offensive législative traduit la volonté des plus hautes autorités de transformer durablement le modèle économique national. En renforçant la solidité des banques et en promouvant l’expertise gabonaise, le gouvernement entend créer un environnement propice à une croissance inclusive et à la création d’emplois.

L’adoption de ces textes par la Commission des Finances marquera une étape décisive dans la restructuration du paysage bancaire. Il reste désormais à savoir si les amendements qui seront introduits par les députés permettront de trouver le juste équilibre entre la rigueur financière nécessaire aux banques et la protection sociale indispensable aux emprunteurs gabonais.

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