Libreville : Le maire Pierre Mathieu Obame Etoughe se fera-t-il éjecter de son poste ce vendredi ?
Pierre Mathieu Obame Etoughe joue sa survie politique à la tête de la mairie de Libreville. Installé le 17 novembre 2025, l’édile se retrouve aujourd’hui le dos au mur, sommé de présenter une nouvelle mouture de son budget primitif ce vendredi 24 avril. Ce rendez-vous couperet intervient quinze jours exactement après le rejet fracassant de son premier texte par le Conseil municipal, le 9 avril dernier. Un camouflet retentissant qui a exposé au grand jour l’isolement d’un maire désormais lâché par son propre camp politique.
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Au cœur de cette tempête institutionnelle, l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB), sa propre formation majoritaire, mène la fronde. Loin de faire bloc derrière leur élu, de nombreux conseillers réclament ouvertement sa démission en dénonçant une gouvernance erratique. Les fissures béantes de l’UDB ont même exaspéré les alliés du Front démocratique et socialiste (FDS). Sur les réseaux sociaux, Deidre Nehemy Moukandza, vice-président du FDS, a fustigé sans ménagement des « tensions internes » et « la perpétuation d’un système politique qui peine à se renouveler, la continuité des pratiques politiques anciennes ». En coulisses, l’hallali semble d’ailleurs sonné : un conseil de discipline de l’UDB, tenu la semaine dernière, aurait déjà acté l’exclusion du maire, précipitant inéluctablement sa chute.
Le maire dans la tourmente
Face à cette cabale aux allures de mise à mort politique, les ultimes fidèles de l’édile dénoncent un complot orchestré de toutes pièces. Ses partisans crient à « l’exécution politique » d’un homme qui aurait eu l’audace de s’attaquer frontalement aux puissants réseaux qui entravent le fonctionnement de l’institution municipale depuis des lustres. Si un nouveau rejet budgétaire devait sceller son éviction ce vendredi, son entourage y verrait la preuve irréfutable d’une vengeance calculée, confirmant la défiance totale de sa famille politique à son égard.
Pendant que les caciques de l’Hôtel de Ville s’écharpent pour le contrôle de la capitale, les Librevillois, eux, trinquent. Exaspérés par cette guerre d’ego perçue comme une violente « lutte de pouvoir déconnectée de leurs réalités », les habitants assistent impuissants à l’enlisement de leur cité. Accès à l’eau potable, délestages électriques, voiries impraticables et insécurité rampante : les maux quotidiens s’accumulent sans trouver de réponses. Le divorce entre la classe politique et la rue semble désormais total.
@info241.com
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