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Comilog : Derrière les attaques du STRIMM, une bataille d’influence plus qu’un débat social

Comilog : Derrière les attaques du STRIMM, une bataille d’influence plus qu’un débat social
Comilog : Derrière les attaques du STRIMM, une bataille d’influence plus qu’un débat social © 2026 D.R./Info241

Au Syndicat des travailleurs des industries minières et métallurgiques (STRIMM), c’est assez bête et méchant : quand le cours du manganèse baisse, c’est la faute du DG. Quand il pleut sur Moanda, c’est la faute du DG. Et si le SG trébuche en sortant de son bureau, ne cherchez pas - c’est encore la faute du DG.

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Il y a dans la sortie récente du STRIMM quelque chose qui mérite qu’on s’y arrête. Son Secrétaire général monte au créneau, dénonce le “mutisme” de la direction générale de Comilog, agite le spectre des licenciements, et appelle le gouvernement gabonais à la “vigilance”. Beau tableau. Sauf que les faits, eux, racontent une tout autre histoire.

Réaction

Eramet ne garde pas silence. Le groupe a publié un communiqué officiel sans ambiguïté : les principaux actionnaires ont réaffirmé leur soutien à la stratégie du groupe et au plan de financement, confirmé leur intention de voter en faveur des résolutions nécessaires à l’assemblée générale de mai, en vue d’une augmentation de capital de 500 millions d’euros au second semestre 2026. La direction et le conseil d’administration du groupe minier se disent « pleinement mobilisés pour assurer le succès de cette opération, dans le meilleur intérêt de l’entreprise. » Ce n’est pas le profil d’un groupe qui abandonne ses actifs gabonais. Reprocher à une direction de ne pas commenter chaque rumeur en temps réel, c’est méconnaître — ou feindre d’ignorer — les obligations d’une société cotée à Paris.

La question mérite d’être posée sans détour. En ciblant nommément le dirigeant de Comilog dans un contexte de turbulences géopolitiques mondiales, en convoquant les “intérêts supérieurs du Gabon” comme arme rhétorique, le STRIMM s’écarte du registre revendicatif pour entrer dans celui de la manœuvre. Instrumentalisation des angoisses des travailleurs, ambitions politiques à peine voilées, logiques communautaires sous-jacentes : le schéma est connu des observateurs du secteur minier en Afrique centrale.

Dérives

Libreville l’a compris, et le gouvernement gabonais n’est pas naïf face à ces dérives. Lors du Conseil des ministres du 26 février 2026, l’exécutif a annoncé une réforme visant à fixer des « critères de constitution rigoureux afin d’éviter la prolifération de syndicats de circonstance », et à faire des élections professionnelles le « baromètre exclusif de la représentativité syndicale ». L’expression n’est pas tombée du ciel. Elle désigne précisément ces structures dont la légitimité se construit non par les urnes, mais par la capacité à créer le bruit médiatique au bon moment.
Comilog, première employeuse du Haut-Ogooué, vient de voir sa maison mère démontrer son engagement financier concret. Le vrai dialogue social mérite mieux que cette mise en scène.

Les travailleurs de Moanda méritent des représentants qui leur parlent de réalités - pas de fantasmes construits pour servir d’autres agendas.

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