Etat de la nation : Oligui Nguema acte la scission de la SEEG face à une faillite managériale
Le ton était à la gravité ce lundi 15 juin au palais Léon Mba. Lors de son discours de deux heures sur l’état de la nation prononcé devant le Parlement réuni en congrès, le chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, a posé un diagnostic sévère et sans concession sur la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG). Face aux pertes financières abyssales et à une gestion des ressources humaines jugée anormale, le président de la République a dévoilé un plan de restructuration radicale pour sauver le secteur.
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L’exposé présidentiel a mis à nu les dysfonctionnements structurels profonds qui paralysent l’entreprise publique. Victime d’une crise de gouvernance endémique, la société paie le prix de choix stratégiques douteux et d’une allocation totalement inefficace de ses ressources. Cette défaillance interne a progressivement transformé la structure étatique en un véritable « mauvais payeur » vis-à-vis de ses propres fournisseurs d’énergie, installant un cercle vicieux qui menace désormais directement la souveraineté énergétique du pays.
Un sureffectif bureaucratique étouffant
Pour illustrer l’aberration de la gestion actuelle, Brice Clotaire Oligui Nguema a eu recours à des données chiffrées particulièrement percutantes. L’entreprise de distribution d’eau et d’électricité compte aujourd’hui un effectif pléthorique de 2 300 agents. Cependant, derrière cette masse salariale imposante se cache une réalité alarmante : seuls près de 300 membres du personnel sont des techniciens actifs et déployés sur le terrain. Les 2 000 autres employés sont quant à eux absorbés par des postes purement administratifs.
*Le palais Léon Mba ce matin*
Afin de bien faire mesurer l’ampleur de cette anomalie à son auditoire, le chef de l’État a dressé un parallèle édifiant avec la Compagnie minière de l’Ogooué (Comilog). Ce fleuron industriel privé, reconnu pour ses performances économiques de premier plan, parvient à faire tourner l’ensemble de ses usines et de ses sites d’extraction avec un effectif total de seulement 2 100 employés. Une comparaison qui met cruellement en lumière le sureffectif bureaucratique qui asphyxie la SEEG au détriment de l’efficacité technique et opérationnelle.
Scission et redéfinition de la chaîne de valeur
Face à ce constat d’échec accablant, les mesures de redressement annoncées se veulent historiques. L’exécutif a officiellement acté la séparation définitive des activités liées à l’eau de celles liées à l’électricité. Cette scission vise à moderniser la gestion de la caisse publique, à restaurer l’efficacité financière de ces deux secteurs vitaux et à imposer de nouvelles règles de rigueur managériale.
En outre, le président a annoncé la création imminente d’une nouvelle entité publique. Cette future structure aura pour mission de forcer l’État et la SEEG à se recentrer sur un segment unique et précis de la chaîne de valeur. Désormais, les opérateurs devront choisir un domaine d’intervention exclusif entre la production, la distribution ou la commercialisation. Cette segmentation stricte a pour but de casser le monopole actuel, jugé hautement inefficace, et de responsabiliser chaque acteur pour garantir le sauvetage financier et structurel du secteur énergétique gabonais.
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