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Analyse

Gabon : Yohann Moussadji prône une « diplomatie de conquête » pour la réussite du PNCD cher à Oligui Nguema

Gabon : Yohann Moussadji prône une « diplomatie de conquête » pour la réussite du PNCD cher à Oligui Nguema
Gabon : Yohann Moussadji prône une « diplomatie de conquête » pour la réussite du PNCD cher à Oligui Nguema © 2026 D.R./Info241

De retour du sommet d’affaires de l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OEACP) tenu le 29 mars dernier à Malabo, Yohann Moussadji, expert en stratégie de développement, s’est confié en exclusivité à Info241 ce dimanche 5 avril. Il y livre une analyse sans concession sur les leviers nécessaires à la réussite du Plan National de Croissance et de Développement (PNCD), plaidant pour une transformation structurelle de l’économie gabonaise.

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 L’urgence d’un nouveau paradigme financier

Placé sous la présidence de Brice Clotaire Oligui Nguema, le sommet de la capitale équato-guinéenne a mis en lumière une réalité mathématique incontournable : 66 % du financement des projets du PNCD doit provenir du secteur privé. Pour Yohann Moussadji, ce chiffre massif impose aux pouvoirs publics un changement de paradigme immédiat. L’État ne peut plus se contenter d’une posture attentiste, mais doit se muer en un véritable stratège capable d’attirer et de rassurer les capitaux internationaux.

Ce compatriote lors du sommet de Malabo

« L’heure n’est plus à l’économie du discours, mais à l’économie de l’impact », martèle l’expert lors de cet entretien accordé à notre rédaction. Pour atteindre les objectifs fixés à l’horizon 2030, il préconise de placer la diplomatie financière au cœur de l’action publique. Cela implique une stratégie agressive et ciblée pour la captation des fonds verts et des Investissements Directs Étrangers (IDE), qui doivent désormais être perçus non plus comme de simples flux de capitaux, mais comme des leviers de développement durable strictement arrimés aux priorités nationales.

 L’émergence indispensable de champions nationaux

L’un des points saillants de sa réflexion repose sur la nécessité impérieuse d’identifier et de soutenir des opérateurs locaux crédibles. Selon Yohann Moussadji, la souveraineté économique du Gabon passe inévitablement par la fin des complexes vis-à-vis de l’extérieur. Il est temps de faire pleinement confiance aux compétences locales, sans aucune naïveté, mais avec une exigence de performance absolue pour bâtir une économie locale résiliente.

Une vue de ce conclave

Pour matérialiser cette vision, il propose aux décideurs une feuille de route axée sur quatre piliers fondamentaux. Il s’agit d’abord d’identifier les secteurs stratégiques à souverainiser, tels que l’agriculture, l’énergie et les infrastructures. Il faut ensuite sélectionner des leaders nationaux capables d’opérer à grande échelle, leur offrir un cadre d’exécution rigoureux pour institutionnaliser leurs succès, et enfin assurer un suivi de performance constant pour corriger rapidement les trajectoires défaillantes.

 Le patriotisme économique érigé en discipline

Au-delà de la seule ingénierie financière, l’appel de Yohann Moussadji se veut également moral et profondément organisationnel. Il exhorte les hautes autorités du pays à instaurer le patriotisme économique comme une véritable discipline d’État. Cette nouvelle approche exige de sortir définitivement des rivalités personnelles et des logiques de clans qui ont trop longtemps freiné la mise en commun des talents et ralenti le développement national.

« Nous devons bâtir des alliances structurées entre l’État, le secteur privé, les diasporas et les partenaires techniques », explique-t-il avec conviction ce 5 avril. L’idée maîtresse de cette démarche est de fédérer l’ensemble des acteurs à fort impact autour d’objectifs vitaux clairs et mesurables. Pour lui, il faut s’éloigner de la seule symbolique des grands événements et des sommets institutionnels pour s’inscrire dans une dynamique de co-construction pérenne sur le terrain.

 Vers une véritable culture du résultat

En s’adressant de manière directe aux décideurs, Yohann Moussadji rappelle enfin que la crédibilité du Gabon sur la scène internationale dépendra exclusivement de sa capacité à mesurer les résultats de chaque initiative. La sécurisation de la présence gabonaise dans les secteurs stratégiques et le développement d’une expertise locale durable constituent les seules garanties d’une croissance inclusive. L’appel est clair : pour que le PNCD ne reste pas une simple intention de plus, le Gabon doit forger ses propres champions et transformer sa diplomatie en un outil assumé de conquête financière et industrielle.

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