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Ingérence étatique

Suspension illégale d’élections : Comment Paul Kessany joue avec le feu avec la FEGAFOOT et le CNOG

Suspension illégale d’élections : Comment Paul Kessany joue avec le feu avec la FEGAFOOT et le CNOG
Suspension illégale d’élections : Comment Paul Kessany joue avec le feu avec la FEGAFOOT et le CNOG © 2026 D.R./Info241

Le coup d’arrêt brutal imposé par le gouvernement gabonais lundi 13 avril passe très mal auprès des instances sportives nationales. En décidant de suspendre unilatéralement les processus électoraux de la Fédération Gabonaise de Football (FEGAFOOT) et du Comité national olympique du Gabon (CNOG) pour des questions d’irrégularités administratives, les autorités gabonaises en tête desquelles le ministre Paul Kessany ont déclenché une véritable fronde.

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À quelques jours seulement des échéances cruciales — l’Assemblée Générale élective de la FEGAFOOT étant prévue le 18 avril à Mouila, et celle du CNOG le 25 avril —, cette intervention étatique est vivement dénoncée. Pour de nombreux observateurs, le gouvernement a littéralement volé au secours des adversaires des présidents sortants, en bloquant des scrutins qui leur semblaient défavorables. Loin de se soumettre, la FEGAFOOT et le CNOG pointent du doigt une illégalité flagrante et alertent sur une violation de leurs textes fondateurs.

 Pour la FEGAFOOT, une "ingérence de tiers" sans la moindre base juridique

Du côté de la FEGAFOOT, la riposte s’organise autour de l’argument du droit. Le président de la Commission électorale, Jean-Luc Ndongo, a tenu ce mardi dans les colonnes de L’Union à recadrer les prérogatives du ministère des Sports, soulignant que l’absence d’agréments techniques des clubs n’a juridiquement aucun impact sur la tenue d’un congrès électif.

  Le président de la commission électorale de la FEGAFOOT

Il a été on ne peut plus clair sur l’indépendance de son institution : « Le processus électoral est une activité interne à la Fégafoot et qui ne concerne qu’elle et ses membres. Le gouvernement peut interdire d’organiser le football, mais pas empêcher d’organiser leurs AG, ou de renouveler leurs organes internes. »

Jean-Luc Ndongo rappelle par ailleurs que les associations concernées ont tenu leurs propres assemblées générales sans que l’État ne s’y oppose. Il conclut en adressant une mise en garde sévère aux autorités : « Il n’y a aucun lien entre l’absence d’agréments techniques et la convocation des membres au congrès électif. De même il n’existe aucune base juridique sur laquelle s’appuierait la Commission électorale ou encore le gouvernement pour écarter les associations concernées sans verser dans l’arbitraire et l’ingérence de tiers. »

 Le CNOG s’en remet au CIO pour l’élection maintenue au 25 avril

La réaction est tout aussi ferme du côté du Comité national olympique du Gabon (CNOG). Son président sortant, Cresant Pambo toujours cité hier par L’Union, accuse directement la décision gouvernementale de piétiner les règles internationales du sport. « La décision prise par le ministre des Sports est faite en violation de la charte olympique », a-t-il fustigé.

  Le président sortant du CNOG

Il rappelle au gouvernement que « le mandat du bureau est de quatre ans et le gouvernement ne peut rallonger par des artifices ce mandat ». Démontant l’argumentaire du ministère qui souhaite imposer un guichet unique de six mois pour régulariser les associations, Cresant Pambo souligne une impossibilité statutaire, l’Assemblée générale ordinaire (AGO) ayant déjà été actée le mois précédent : « Le CNOG a tenu une AGO en mars dernier il n’est pas possible de modifier le collège électoral en quelques jours ou quelques mois sans tenir compte des statuts. »

Face à ce qu’il considère comme un abus de pouvoir, le président du CNOG prévient que les instances mondiales ont déjà été saisies et que le calendrier sera maintenu envers et contre tout : « Cette décision ne sera pas acceptée par le CIO qui a déjà mandaté un observateur qui sera présent pour l’élection du 25 avril ».

Si le gouvernement maintient sa décision de suspendre ces scrutins par la force, le Gabon s’expose de facto à des sanctions disciplinaires immédiates de la part de la FIFA et du CIO pour ingérence politique, pouvant aller jusqu’à la suspension des athlètes et des équipes nationales de toutes les compétitions internationales.

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